Comment remplir un premier événement quand on n’a pas encore d’audience
Sans liste de contacts et sans budget de promotion, voici par où passer pour réunir les trente premières personnes, et ce qui ne sert à rien à ce stade.
Visez trente personnes, pas cent
Le premier événement rate presque toujours pour la même raison : une jauge trop ambitieuse. Une salle de cent places avec trente personnes donne une impression d’échec, alors que les mêmes trente personnes dans une salle de quarante donnent une soirée réussie. Le nombre absolu compte beaucoup moins que le rapport entre les présents et la place disponible.
Fixez donc une jauge que vous êtes à peu près sûr d’atteindre, et acceptez de refuser du monde. Un premier événement complet vous donne un argument pour le deuxième ; un premier événement à moitié vide vous en enlève l’envie.
Les vingt premiers noms sont déjà dans votre téléphone
Avant de penser aux réseaux sociaux, ouvrez vos contacts et écrivez les noms. Pas un message groupé, des messages individuels. Sur trente personnes contactées une par une, la moitié répond et un tiers vient. Sur trois cents personnes touchées par une publication, le taux est incomparablement plus faible.
- Les gens qui vous ont déjà dit qu’ils viendraient si vous organisiez quelque chose. Ils existent, et ils ont oublié de le dire.
- Les anciens collègues, les anciens camarades, les voisins que vous croisez.
- Les personnes qui organisent autre chose dans votre domaine, qui viendront par curiosité et qui parleront.
- Les membres de votre association, de votre club, de votre groupe habituel.
Un message individuel se reconnaît à une chose : il dit pourquoi cette personne-là. « Je pense que ça te plairait parce que tu m’avais parlé de ça » obtient une réponse, un message qui pourrait être envoyé à n’importe qui obtient un silence.
Demandez à chacun d’amener quelqu’un
C’est le levier le plus efficace et le moins utilisé. Dire simplement « viens avec quelqu’un » double le nombre potentiel sans coûter un seul message de plus, et améliore l’ambiance : personne n’arrive tout à fait seul.
Pour que cela fonctionne, il faut que le lien de l’événement soit partageable et qu’il présente l’événement tout seul. Un message privé ne se transfère pas bien ; une page avec la date, le lieu et un bouton se transfère en deux secondes et se lit sans explication.
Une page publique vaut mieux qu’un message
Tant que votre événement n’existe qu’au fil d’une conversation, il n’est pas partageable, pas retrouvable, et pas crédible. Une page avec un titre, une date, un lieu, un programme et un bouton d’inscription règle les trois problèmes à la fois, et elle sert de réponse à toutes les questions qu’on vous posera.
Elle vous donne surtout un nombre. Sans inscriptions, vous découvrez le jour même combien de personnes viennent, ce qui rend impossible toute commande sensée et transforme chaque événement en pari.
Allez chercher les lieux et les groupes qui ont déjà l’audience
Vous n’avez pas d’audience, mais d’autres en ont une et cherchent des choses à proposer à la leur. C’est vrai des cafés associatifs, des tiers-lieux, des bibliothèques, des espaces de travail partagé, des clubs et des associations de quartier.
- Proposez au lieu de relayer l’événement auprès de ses habitués, en échange de la mise en avant du lieu.
- Identifiez trois groupes locaux dont les membres sont concernés, et écrivez à la personne qui les anime plutôt qu’au groupe entier.
- Cherchez une association qui organise déjà quelque chose de proche, et proposez de faire ensemble plutôt qu’à côté.
- Les commerces du quartier acceptent souvent une affiche, et une affiche avec un code à scanner transforme un passant en inscrit.
Ce qui ne sert à rien au premier événement
- La publicité payante. Sans page qui convertit et sans preuve sociale, elle brûle du budget et ne remplit pas.
- Un compte sur cinq réseaux sociaux. Un seul, alimenté, vaut mieux que cinq abandonnés.
- Un site complet. Une page d’événement suffit, et elle se fait en dix minutes.
- Un logo, des affiches déclinées, un nom d’événement travaillé pendant trois semaines. Rien de tout cela ne fait venir une personne de plus la première fois.
Le deuxième événement se prépare pendant le premier
Annoncez la date du prochain pendant celui-ci, même approximative. Les gens qui passent un bon moment sont, à cet instant précis, les plus disposés à s’engager pour la suite, et ils ne le seront plus une semaine après.
Récupérez les adresses. C’est la seule chose que vous construisez vraiment lors d’un premier événement : une liste de personnes qui sont venues et à qui vous pourrez écrire directement la fois suivante. Cette liste vaut plus que n’importe quel nombre d’abonnés.