Déclarations et autorisations : qui demander quoi, et quand
La carte des démarches d’un événement, par interlocuteur : la mairie, la préfecture, la société des auteurs, l’assureur. Ce qui se demande, dans quel ordre, et ce qu’il faut vérifier soi-même.
Pourquoi cet article ne donne aucun chiffre
Les seuils, les délais et les formulaires changent d’une année à l’autre, et parfois d’une commune à l’autre. Un article qui les recopie devient faux sans prévenir, et c’est l’organisateur qui en paye le prix, pas l’article.
Ce qui suit est donc une carte : qui est l’interlocuteur, ce qu’on lui demande, et à quel moment. Les valeurs exactes se demandent à cet interlocuteur, qui est aussi celui qui pourra vous les opposer. C’est la seule source qui compte.
La mairie, premier interlocuteur presque toujours
- L’occupation du domaine public, dès que l’événement déborde sur un trottoir, une place ou une rue.
- L’arrêté de circulation ou de stationnement, quand il faut fermer, dévier ou réserver des places.
- La déclaration de vente au déballage, pour un vide-grenier, une brocante ou une braderie.
- L’autorisation de débit de boissons temporaire, dès qu’on sert de l’alcool, même gratuitement.
- La mise à disposition d’une salle communale, et le règlement qui l’accompagne, qui fixe souvent la capacité et l’horaire de fin.
- La dérogation horaire, quand la fin dépasse ce que l’arrêté municipal autorise.
Faites cette demande en premier et par écrit. Une mairie répond rarement en une semaine, et l’ensemble du calendrier en dépend : tant que l’autorisation n’est pas là, la date n’est pas acquise et rien ne devrait être annoncé.
Une autorisation qu’on demande tard n’est pas une autorisation risquée, c’est une date qu’on n’a pas.
La préfecture, quand l’événement change d’échelle
Au-delà d’une certaine taille, ou dès qu’il s’agit d’une manifestation sur la voie publique, d’un rassemblement festif ou d’un événement sportif, l’interlocuteur devient la préfecture, et le dossier devient un vrai dossier : plan, dispositif de sécurité, secours, encadrement.
- La déclaration de manifestation sur la voie publique, qui se dépose bien en amont.
- Le dossier de sécurité, avec le plan d’implantation, les accès de secours et le nombre de personnes attendues.
- Le dispositif prévisionnel de secours, dont le niveau dépend de l’affluence et se détermine avec une association agréée.
- L’avis de la commission de sécurité, pour un établissement recevant du public au-delà de certains seuils.
- L’encadrement d’une épreuve sportive, quand la voie publique est utilisée.
Les délais de dépôt sont longs, et ils sont fermes. C’est la démarche qui décide de votre date : si vous visez un événement de cette taille, la première question à poser n’est pas « quelle date nous arrange », mais « quel est le délai de dépôt ».
La musique, les images, les contenus
Diffuser de la musique enregistrée en public, même en fond sonore, même gratuitement, relève d’une déclaration auprès des sociétés de gestion des droits. La demande se fait avant l’événement, et la déclaration après, avec la liste de ce qui a été diffusé quand c’est demandé.
- La musique enregistrée diffusée en public, y compris une liste de lecture dans une salle.
- Les concerts et la musique jouée en direct, qui relèvent du même principe avec un autre calcul.
- La projection d’un film, qui demande des droits de représentation distincts de l’achat du support.
- Les photographies prises pendant l’événement, si vous comptez les publier : prévenez, et prévoyez comment quelqu’un peut refuser.
- L’usage d’une marque ou d’un logo dans votre communication, qui se demande à son titulaire.
L’assurance, la démarche qu’on oublie
La responsabilité civile de l’organisateur couvre les dommages causés aux tiers pendant l’événement. Elle n’est pas incluse dans votre contrat d’habitation ni dans celui de l’association par défaut : elle se demande, et elle se demande pour la date et le lieu précis.
- La responsabilité civile organisateur, pour la période de l’événement, montage et démontage compris.
- L’assurance du lieu, qui couvre le bâtiment mais pas forcément votre activité dedans.
- L’annulation, qui n’est utile que si l’événement engage des dépenses non remboursables.
- Les bénévoles, dont la couverture n’est pas automatique et se vérifie explicitement.
- Le matériel loué, dont le contrat de location précise qui assure quoi.
Demandez l’attestation par écrit et gardez-la avec vous le jour même. La mairie, le propriétaire du lieu et parfois le prestataire la réclament, et souvent au dernier moment.
L’ordre dans lequel s’y prendre
- D’abord la faisabilité : un appel à la mairie pour savoir ce que votre projet déclenche comme démarches. Cet appel dure dix minutes et change parfois tout le projet.
- Ensuite les démarches à long délai, préfecture et commission de sécurité s’il y en a. Elles fixent la date.
- Puis les autorisations communales, qui se demandent une fois la date tenue.
- Puis l’assurance, qui a besoin de la date, du lieu et du nombre attendu.
- Enfin les droits de diffusion, qui se déclarent avant mais se règlent souvent après.
- Et à chaque étape, gardez l’écrit. Une autorisation orale n’est pas une autorisation.
Cette chronologie se pose dans le rétroplanning en même temps que le reste : voir le rétroplanning d’un événement, où ces démarches occupent les premières colonnes.
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