Comment organiser un team building que l’équipe n’a pas envie de fuir
Pourquoi la plupart ratent, comment choisir une activité qui n’exclut personne, le bon format et la bonne durée, et ce qu’il ne faut jamais imposer.
Pourquoi la plupart ratent
Un team building raté ne l’est presque jamais à cause de l’activité. Il l’est parce qu’il a été conçu pour une équipe imaginaire : disponible, sportive, à l’aise en public et ravie de passer un samedi avec ses collègues. Aucune équipe réelle ne ressemble à cela.
Les trois causes d’échec reviennent toujours. L’activité met certaines personnes en difficulté devant les autres. Elle empiète sur du temps personnel. Et elle prétend créer de la cohésion là où le problème est ailleurs, dans une charge de travail ou un conflit que personne ne nomme.
Choisir une activité qui n’exclut personne
C’est le seul critère qui compte vraiment, et il élimine la moitié des propositions des agences. Une activité qui met quelqu’un en échec physique, linguistique ou social devant ses collègues produit l’inverse de ce qu’on cherche.
- Le physique : y a-t-il une version assise, ou un rôle sans effort, qui ne soit pas visiblement un lot de consolation ?
- L’alimentaire : un atelier cuisine ou une dégustation exclut plus de monde qu’on ne croit.
- L’alcool : une activité bâtie autour d’un bar met mal à l’aise ceux qui n’en boivent pas, et ils ne le diront pas.
- La prise de parole : les jeux qui obligent à se raconter sont une épreuve pour une partie de l’équipe.
- Le budget personnel : rien ne doit demander d’avancer de l’argent, ni un équipement qu’on n’a pas.
Le test le plus simple est de demander à trois personnes très différentes de l’équipe ce qu’elles en pensent, avant de réserver. Si l’une hésite, l’activité en exclura d’autres qui ne diront rien.
Une activité qui met quelqu’un en échec devant ses collègues produit l’inverse de ce qu’on cherche.
Sur le temps de travail, et pas ailleurs
C’est le point qui décide de l’adhésion avant tout le reste. Un team building organisé un samedi, ou après dix-huit heures, demande aux gens de donner du temps personnel pour un objectif d’entreprise. Ceux qui ont des enfants, des proches à charge ou un long trajet le comprennent comme une exclusion, et ils n’ont pas tort.
Sur le temps de travail, la participation est naturelle et la question de la présence ne se pose pas. Hors du temps de travail, elle devient une faveur demandée, et le taux de présence chute là où la cohésion était censée se construire.
Si le hors temps de travail est inévitable, rendez la participation réellement facultative, sans que l’absence se remarque, et ne prenez aucune décision ni annonce importante à ce moment-là.
Le format : une demi-journée suffit
La durée n’améliore pas le résultat, elle augmente la fatigue et le coût. Une demi-journée bien conçue produit davantage qu’une journée entière où tout le monde regarde sa montre à partir de quinze heures.
- Trente minutes d’accueil, avec de quoi boire et personne debout à attendre.
- Une activité principale d’une heure trente à deux heures, en groupes de six au maximum.
- Une pause vraie, où l’on ne parle pas de l’activité.
- Un temps commun de trente minutes : ce qu’on a fait, ce qu’on en retient, sans note ni classement.
- Une fin annoncée et tenue, pour que chacun puisse organiser sa journée.
Les groupes de six sont la mesure qui change le plus. Au-delà, une partie du groupe regarde l’autre faire, ce qui est exactement la situation qu’on voulait éviter.
Le mélange des équipes, qui est souvent le vrai but
Si l’objectif est que des gens qui ne se croisent jamais se parlent, alors la composition des groupes est plus importante que l’activité. Laissée libre, elle reproduit exactement les équipes existantes, et la journée n’aura servi à rien.
Composez donc les groupes vous-même, mélangez les services et les anciennetés, et faites-le discrètement plutôt que d’en faire une consigne, qui se vit comme une contrainte. À table, la même règle : des places attribuées valent mieux qu’un placement libre, qui refait les équipes du quotidien.
Ce qu’il ne faut jamais imposer
- Le contact physique, y compris dans les jeux dits de confiance.
- Le déguisement, qui met certaines personnes dans une situation impossible.
- La photo publiée ensuite : demandez avant, et prévoyez une zone non photographiée.
- La compétition avec classement affiché, qui laisse une équipe perdante devant les autres.
- Le récit personnel : les jeux qui demandent de raconter un souvenir intime n’ont pas leur place au travail.
Et surtout, pas de surprise. Annoncer l’activité à l’avance permet à chacun de s’organiser, de prévoir ses vêtements et, le cas échéant, de dire qu’il préfère une autre forme de participation. Une surprise est une prise de contrôle, et elle se vit comme telle.
Le reste de l’organisation, invitations, rappels, logistique du jour, ne diffère pas d’un autre événement professionnel : voir comment organiser un événement professionnel.